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À la une, les révélations incroyables et surprenantes sur Jordan Bardella, le déremboursement d’un traitement contre le cancer du sein et la réforme des retraites d’Édouard Philippe.
Le journal des briques #131
Bonjour et bienvenue dans votre journal.
BRÈVES CONTRADICTOIRES
À la une des derniers jours, suite aux révélations sur l’antisémitisme de Jordan Bardella, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a affirmé qu’elle avait une pensée émue pour tous les pauvres choupinous qui votaient RN et qui ne pouvaient vraiment mais alors vraiment pas avoir la moindre idée que le RN ait pu avoir encore une once d’ADN raciste et antisémite en lui. C’est une surprise absolue. Manifestations des lycéens, selon une étude récente de l’Ifop, c’est tout la faute aux Insoumis.
TROP CHER
Le géant pharmaceutique AstraZeneca a annoncé le déremboursement d’un traitement très utilisé en France contre le cancer du sein, non parce qu’il ne serait pas efficace, mais parce que la firme l’estime pas assez rentable. Jean-Michel Financier, vous êtes vice-président d’AstraZeneca, bonjour.
Financier — Bonjour.
Journaliste — Jean-Michel Financier, cette décision est inhumaine, on parle de gens qui ont survécu à un cancer et vous allez les priver de leur traitement parce qu’ils n’auront plus les moyens de le payer.
Financier — Ouais.
Journaliste — … Et… Bah euh c’est pas bien, non ?
Financier — Question de point de vue. Pour nous c’est très bien. Ce qui est inhumain, c’est peut-être aussi de nous avoir imposé un tarif et de nous avoir interdit de vendre le traitement plus cher. Vous pensez à nos pauvres actionnaires ?
Journaliste — Pauvres bêtes.
Financier — Ouais puis ça va au bout d’un moment, nous on est pas la Vierge Marie, on est pas là pour soigner des connards, on est là pour vendre des médicaments. Et c’est franchement pas notre faute si les médicaments qui marchent pas, c’est vachement plus pertinent économiquement parlant que les médicaments qui marchent.
Journaliste — Ouais on se demande pourquoi.
SUCH ÉTONNEMENT
Journaliste — Révélations incroyables et inattendues de cette semaine, apparemment, Jordan Bardella serait antisémite.
Bruit dramatique
Journaliste — Pour en parler, nous sommes en duplex avec Jordan Bardella. Jordan Bardella, bonjour.
Bardella — Bonjour.
Journaliste — Jordan Bardella, que répondez-vous à l’enquête de Mediapart qui a exhumé des écrits antisémites qu’elle vous attribue.
Bardella — C’est un complot orchestré par le haut pour me faire tomber ! Et vous savez TRÈS BIEN de qui il vient !
Journaliste — … Mais encore ?
Bardella — Mais oui ! Ces gens-là sont des teignes, tout ce qu’ils veulent, c’est me salir et m’empêcher d’être préside… m’empêcher d’être Premier ministre. Ils contrôlent les médias, ils contrôlent la finance, ils ont le pouvoir, et ils ont peur de moi !
Journaliste — Qui ça ?
Bardella — … Vous le savez très bien.
Journaliste — Ouais, je crois que ouais.
RETOUR DE VACANCES
Le Président de la République Emmanuel Macron s’est rendu en Espagne pour y effectuer une visite d’État officielle et échanger avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Emmanuel Macron, bonjour.
Macron — Salut les connards.
Journaliste — Alors, Emmanuel Macron, est-ce que vous avez appris des choses intéressantes en Espagne sur comment on gère un pays ?
Macron — C’est vraiment difficile comme question. Parce que oui, OK, ils s’en sortent bien, leurs salaires augmentent, la croissance est élevée, et là il paraît qu’ils viennent de voter une loi sur le logement pour empêcher les expulsions. Mais il y a un problème avec tout ça.
Journaliste — Lequel ?
Macron — C’est trop… de gauche. Insoutenable.
Journaliste — Me disait bien.
Macron — Alors qu’en vrai, quand vous regardez bien, y a aussi un pays qui s’en sort bien en étant de droite.
Journaliste — Ah ! Lequel ?
Macron — Bah ! L’Italie !
Journaliste — Ah ouais. L’Italie. Le pays où ils ont restreint le droit à l’avortement, où ils ont retiré aux familles homosexuelles la parenté de leurs enfants, où y a des ligues néofascistes qui défilent dans les rues et où ils ont mis des centaines de milliers de personnes dans la pauvreté en supprimant le RSA ?
Macron — Bah ouais ! Mais la croissance elle est bonne !
UNE BROUTILLE
Mouvement social des lycéens, la police est sous le feu des accusations, encore une fois, notamment après qu’un agent a tiré à bout portant dans le visage d’un adolescent, qui par chance a survécu, mais est désormais défiguré à vie. On en parle avec Michel Flicaille, policier de profession.
Flicaille — Mais gardien de la paix avant tout !
Journaliste — C’est l’évidence. Michel Flicaille, qu’avez-vous à dire sur les violences policières contre les étudiants ?
Flicaille — Oh, je veux rassurer la population, la méthode de maintien de l’ordre de la police est parfaitement encadrée et proportionnée, et se fait dans le strict contexte de la loi.
Journaliste — Même quand un policier essaye de tuer un ado de quatorze ans en lui tirant une grenade dans le visage ?
Flicaille — Une simple bavure, un dommage collatéral.
Journaliste — Ça commence à faire beaucoup de bavures pour ne pas se mettre à penser que la police est intrinsèquement violente.
Flicaille — Je sais pas, je sais pas ce que ça veut dire intrinsèquement.
Journaliste — Hm. Tu m’étonnes.
Journaliste — Pour notre entretien du jour, nous nous retrouvons avec le candidat du parti Horizons à la présidence de la République Édouard Philippe. Édouard Philippe, bonjour.
Philippe — Bonjour.
Journaliste — Édouard Philippe, vous avez récemment dévoilé votre plan pour une nouvelle réforme des retraites si vous êtes élu.
Philippe — Tout à fait, je propose le passage de l’âge de la retraite à 65 ans et 45 annuités, ar en homme responsable, j’estime qu’il est obligatoire d’être honnête avec ce que les Français sont en droit d’attendre leur futur président.
Journaliste — Oui, enfin, jusqu’ici vous avez entretenu un flou stratégique sur la question des retraites parce que vous saviez très bien que votre projet était impopulaire.
Philippe — Absolument pas, je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Mon projet permettra de dégager un excédent budgétaire de plusieurs dizaines de milliards d’euros et nous réinjecterons cet argent dans…
Journaliste — … dans quoi ?
Philippe — Eh bien dans…
Journaliste — Dans ?
Philippe — Dans des exonérations d’impôt pour les grandes entreprises.
Journaliste — Quel projet incroyable et inattendu.
Philippe — C’est tout moi, ça, toujours inattendu.
Journaliste — Oui, contrairement à votre défaite. Elle, elle est très attendue. Nous vous souhaitons une fin de journée. À bientôt !


